Zeïtoun: Depuis les origines jusqu'à l'insurrection de 1895

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AGHASSI
Zeïtoun
depuis les Origines jusqu'à l'Insurrection de 1895
AVEC UNE CARTE, DES REPRODUCTIONS DE DESSINS ET DES PHOTOGRAPHIES
Traduction d'ARGHAG TCHOBANIAN
PREFACE PAR VICTOR BÉRARD
PARIS ÉDITION DV MERCVRE DE FRANCE
XV, RVE DE L'ECHAVDE-SAINT-GERMAIN, XV
M DCCC XCVII

A LA MÊME LIBRAIRIE
L'ARMENIE, SON HISTOIRE, SA LITTERATURE, SON ROLE EN ORIENT, par ARCHAG TCHOBANIAN, avec une Introduction d'Anatole FRANCE, de l'Académie Française.

LES MASSACRES D'ARMENIE, Témoignages des Victimes, Re-cuel de lettres traduites de l'arménien par ARCHAG TCHOBANIAN, avec une préface de G. CLEMENCEAU.
L'ASSASSINAT DU PERE SALVATORE PAR LES SOLDATS TURCS, témoignage d'AGHASSI, traduit de l'arménien par ARCHAG TCHOBANIAN, avec une préface de PIERRE QUILLARD.

ZEITOUN

AGHASSI

Droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays, y compris la Suède et la Norvège.

Zeïtoun
DEPUIS LES ORIGINES JUSQU'A "L'INSURRECTION DE 1893
Avec une Carte, des reproductions de Dessins et de Photographies
Traduction d'ARGHAG TCHOBANIAN
PRÉFACE PAR VICTOR BÉRARD

PARIS
ÉDITION DV MERCVRE DE FRANCE xv, RVE DE L'ECHAVDE-SAINT-GERMAIN, xv
M DCCC XCVII

PRÉFACE

Le Livre Bleu, puis le Livre Jaune nous avaient renseignés déjà sur la révolte du Zeïtoun en octobre-décembre 1895 et sur cette admirable défense de cinq mille Arméniens contre soixante mille Turcs. Mais, de ces événements, nous ne connaissions encore que l'histoire extérieure et diplomatique : en voici l'histoire intérieure et militaire. Jour par jour, l'un des chefs du mouvement nous en conte les péripéties, et nous voyons tout ce qui se perdit de sang et d'héroïsme dans la neige du Zeïtoun. pendant cet hiver épique.

Ce journal, où tous les faits sont rapportés, coups de fusil et coups de couteau, batailles et massacres, viols et processions, drapeau rouge et exhibition de reliques, ce récit d'une évidente sincérité et d'une belle franchise s'adresse à tout le public mais surtout à deux classes de lecteurs. Aux hommes d'État d'abord qui, deux années, laissèrent massacrer tout un peuple sans vouloir intervenir, sans comprendre qu'ici l'intérêt de l'humanité se confondait avec les intérêts de toute l'Europe, sans vouloir se rappeler que l'Europe, et la France surtout, avait des engagements d'honneur et de reconnaissance envers ces gens-là ! Aux hommes d'État qui, depuis cinq ans bientôt, vont répétant le mot du diplomate russe : « Je connais bien des Arméniens, mais je ne connais pas d'Arménie ». La voici, cette Arménie que l'on ne veut pas voir, ce Monténégro arménien qui de tout temps fut libre, dont l'indépendance fut reconnue et protégée par les ambassadeurs français de 1860 à 1870, et qui eût été le noyau de la future nation arménienne, si les diplomates d'aujourd'hui songeaient à préparer à leur pays et à l'Europe un avenir de paix réelle. Elle est toute petite encore cette Arménie. Mais, au début du siècle, la Slavie du Monténégro et la Grèce, du Souli étaient plus petites encore, et pourtant l'une et l'autre ont grandi et grandiront, et les succès momentanés du Turc ne doivent pas nous masquer la reculade constante de l'islam devant ces chrétientés délivrées.

Aux députés, journalistes, parleurs, écrivains, à tous ceux, — innombrables, hélas ! — que le récit de ces misères orientales et de cette boucherie humaine ne tira pas de leur indifférence, à nous tous qui, pendant trois années, avons prêté notre silence à la besogne d'égorgement. sous prétexte que les victimes elles-mêmes, bêtes à massacre, acceptaient sans révolte le plaisir du légitime souverain !...

Nous méprisons ces chrétiens d'Orient. Xous ne voyons que leur cupidité et leurs bassesses. Xous ne connaissons que leurs tripoteurs d'affaires et d'argent, leurs vendeurs de femmes et de pastilles, — comme si nous-mêmes nous manquions de ces gens-là ou comme si les nôtres valaient mieux que les leurs. A voir, comme tlisait l'autre, les qualités que l'on exige d'un peuple esclave, combien d'Européens mériteraient d'être libres ? Voici une poignée de montagnards qui, depuis un siècle, se sont révoltés plus de trente fois, se sont battus et ont victorieusement défenduleur religion et leur indépendance. On vient leur proposer une nouvelle révolte : « Sois loué, ô mon Dieu, s'écrie l'évoque centenaire entonnant à sa mode le cantique du vieillard Siméon, tu peux rappeler ton serviteur ! je commençais à oublier l'odeur du fusil et parfois, pour m'en souvenir, je versais de la poudre dans l'encensoir ! » Et tous se lèvent, et pendant trois mois, sous la neige, sous la faim, ils tiennent tète à une armée décuple, et, quand un jour la défaite est imminente, quand aux attaques du dehors menace de se joindre la révolte intérieure des prisonniers turcs, les femmes elles-mêmes entrent en jeu : retroussant leurs manches, de leur couteau de cuisine, elles éventrent les quatre cents malheureux. Nous aimons le sang rouge et les belles tueries ; le sultan égorgeur est selon notre rêve : soyons impartiaux tout au moins !...

Pour compléter ce livre, prenez, quand vous l'aurez lu, l'Arménie de M. A. Tchobanian 1 et voyez les qualités pacifiques de cette race, son admirable littérature, son aptitude à la parole et à la pensée, son long travail d'éducation et sa soif de connaissances, son douloureux éveil de la servitude bi-centenaire, et son ascension constante, et son patriotisme, et sa fraternité ! « Que vous ayez, écrivait Stéphane Mallarmé à l'auteur, d'un lac de sang qui se reflète en rougeur sur tout visage contemporain pensant, éveillé cette pure leçon initiant à une poésie entière, m'apparait la plus efficace et délicate piété d'un lettré envers sa patrie, dévastée, meurtrie et prête à renaître de pareilles évocations. » VICTOR BÉRARD

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1 Archag Tchobanian : l'Arménie, son histoire, la littérature, son role en Orient, avec une introduction d'Anatole France, Paris, 1897, edition du Mercure de France.


GÉOGRAPHIE DE ZEÏTOUN

C'est au sud de l'Asie Mineure et au nord du golfe d'Alexan-drette, sur la chaîne du Taurus, dans la vallée entre les monts que traverse le fleuve Djahan (l'ancien Pyramus;, qu'est située la ville arménienne de Zeïtoun. Pour y pénétrer, on doit passer par des gorges profondes et des sentiers rocheux. Seulement au sud, du côté de Marache, jusqu'à trois heures de distance, les chemins sont relativement plus faciles; ils passent par des collines terreuses, aux flancs desquelles s'étendent les vignes de Zeïtoun : puis recommencent encore les âpres défilés.

La ville se trouve au pied du mont Bérid ; elle a la forme d'un amphithéâtre. Les maisons se superposent, et elles sont si petites et d'aspect si pauvre qu'à l'étranger venant voir la célèbre ville, elles semblent comme les ruines d'un faubourg de Zeïtoun1.

Zeïtoun n'a que 2.000 maisons, avec 15 à 20.000 habitants.

Au nord de Zeïtoun se trouve le mont Bérid, qui a 10.000 pieds de hauteur; son sommet est toujours couvert de neige ; son nom, qui vient du mot arabe barid. signifie : froid. Ses

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1 Les officiers turcs out toujours en un mouvement de mépris en voyant Zeïtoun pour la première fois : « N'est-ce que cela, Zeïtoun? se sont-ils écriés; nous l'inonderons rien qu'en y crachant, et avec une poignée de terre nous l'ensevelirons. »

flancs présentent des paturages magnifiques, riches en sources, et des sites très agréables ; les Zeïtouniotes pas-sent l'été sur ces fraîches hauteurs, et les pasteurs des environs y vont paître leurs troupeaux. D'Alep, d'Aïntab ut méme de plus loin, on y envoie, des malades pour rétablir leur santé dans ce climat salubre. Le Bérid porte des cèdres, des térébinthes et des genévriers en grande quantité; des voyageurs botanistes y ont compté jusqu'à 200 variétés de plantes, dont quelques-unes, étant des productions exclusives de ce mont, ont été appelées béridiennes. Le Bérid est également abondant en gibier, surtout en perdrix; au sommet du mont, on en chasse une espèce grosse comme une dinde et qui coûte fort cher; c'est une chasse difficile.

Le Bérid contient des mines d'argent, do plomb, et surtout de fer en grande quantité et do la meilleure qualité. A l'ouest de Zeïtoun se trouve le mont Gangrod, qui se prolonge à deux heures de distance jusqu'au nord et forme un précipice ; c'est à ses lianes que se trouve le défilé d'Ok-Kaïa. Entre ce mont et le Bérid se creuse un défilé profond qui se prolonge également jusqu'aux monts Tchav-dar, qui contiennent les meilleurs et les plus riants pâtu-rage's de Zeïtoun. Les sources qui en tombent, s'unissant à celles qui descendent du Bérid, forment la rivière occidentale de Zeïtoun qui va à l'extrémité de la ville se mêler à la rivière orientale en formant un angle obtus.

Derrière les monts Tchavdar se trouvent les hautes montagnes de Koche-Dagh et de Kandil-Dagh.

Le mont Gangrod se prolongeant vers le sud, a une heure de distance de Zeïtoun, atteint une hauteur de 7.000 pieds, il prend le nom «le Solak-Dédé ; aux lianes de cette montange se dressent deux grands rochers aigus, qui se nomment Tchatol-Kor.

A l'est de Zeïtoun se trouve le mont Berzenga; il est séparé en deux par te défilé d'Uzar ; la partie du sud s'ap-' pelle Ak-Dagh, la partie du nord conserve son nom de Bcrzenga et forme avec le Bérid une gorge profonde qui mène jusqu'à Eridjék; c'est dans cette gorge que passe la rivière orientale.

L'Ak-Dagh se prolonge vers le sud jusqu'à une demi-heure de distance, puis penche vers l'ouest, et, s'abaissant de plus en plus ouvre deux passages montagneux au sud de Zei-toun, l'un s'appelant Echek-Meïdani et l'autre Saghir.

Au nord-est de Zeïtoun s'élèvent les monts Alicher, dont la cime la plus haute s'appelle Atlek et dont une des collines s'appelle Avaz-Guedouk. Entre Echek-Meïdani et Avaz-Guédouk s'ouvre le défilé de Santough, qui se prolonge jusqu'au couvent de Sourp-Perguitché. A deux heures de distance au sud, se trouve le mont Chembek. couvert de forêts et de vignes; il est le plus haut sommet d'Alabache.

Pour entrer à la ville il y a cinq ponts, et il n'existe pas d'autre chemin.

La ville de Zeïtoun est divisée en quatre quartiers. Chaque quartier a son église et son école. Ces quatre quartiers portent les noms de Yeni-Dunia, Sourénian, Boz-Bair et Gargalar.

Les Arméniens catholiques et protestants, qui sont au nombre de 500, ont une église et un temple, ainsi que leurs écoles.

Le climat de Zeïtoun est tempéré pendant l'été et très rigoureux pendant l'hiver; le pays, quoique rocheux, est fertile et produit du vin. de l'eau-de-vie. des raisins secs. du miel, de la laine, des peaux de chèvres et toutes sortes de fruits.

A l'est de Zeïtoun. à vingt minutes de distance, au pieddu mont Berzenga, se trouve le célèbre couvent qui porte le nom de Sourp-Asvadsadsine (la Sainte-Vierge); selon la tradition, ce sont les apôtres Thadée et Bartholomée qui l'ont construit.

En face de la ville de Zeïtoun, au sud, au sommet d'une colline qui domine la ville, s'élève la caserne. Entre le couvent et la caserne se trouve une colline qui s'appelle Bout-chagtchonds-Mod. Au pied de la colline sur laquelle s'élève la caserne, s'étend un petit champ du nom de Djabogh-Tchair.

A une heure et demie de la ville, à l'est, se trouve le couvent de Sourp-Perguitch (Saint-Sauveur). Près de ce couvent sont les villages Arakenk et Kalousdenk, qui appartiennent à la commune d'Alabache. Au pied du couvent s'étend la plaine de Tchermouk où se trouvent deux sources sulfureu-ses. Dans la plaine, se trouvent encore les ruines d'Ane, qui a ete une petite cité fortifiée au temps de la royauté arménienne de la Cilicie. Au-devant d'Ane s'ouvre la grande vallée d'Ané-Tsor qui tourne autour du mont Chembck, jusqu'à une heure de distance.

LES VILLAGES DE ZEÏTOUN

Arekine. — Cette commune, qui était une paroisse épis-copale pendant la royauté, se trouve au  ?ud de Zeïtoun; elle commence au mont Atlek et s'étend jusqu'au pont de pierre de Djahan; eile se compose de trente-deux villages, dont les principaux sont Cara-Kutuk, Yéguenenk et Vartanenk. Arékine a toujours ete l'avant-garde: de Zeïtoun, pendant tous les combats; c'est pour cela que les Turcs lui ont donne le nom de Alai-bache (chef de brigade) qui est devenu Alabache, nom sous lequel elle est connue aujourd'hui. Arékine a 300 maisons d'habitants arméniens.

Antréassenk — Ce village se trouve au nord du mont Chembek; il a 30 maisons d'habitants arméniens. La population a toujours été très vaillante et elle a souvent dispersé des bandes ennemies; c'est pour cela que les Turcs ont cionné à ce village le nom d'Alabozan (Alaï-bozan, disperseur de brigades). En face de ce village se trouvent les ruines de la forteresse Gurédine, se dressant aux flancs du mont Chembek. A l'ouest de Gurédine s'élève un rocher gigantesque, en forme d'une forteresse inaccessible, et qui s'appelle Ali-Ghaïa; sous la royauté ce rocher s'appelait Meds-Kar et il y avait là un grand couvent épiscopal. Derrière ce rocher se trouve le défilé de Képir qui est le seul chemin menant de Marache à Goguisson, à Césarée et à Gurune. Ce défilé a, au-dessous de Fournous, une sortie qui s'appelle Seg-Guétchid (Passage de Seg).

Béchen, Ketmen, Kirédjik, Sari-Guzel, Alicher, Soïssali, Ma-latdja, Ambardjik, Cabak-Tèpe,Eridjek. — Ce sont des villages turcs qui ont près de 4.000 habitants, dont1.000 seulement sont arméniens. Les habitants turcs connaissent tous l'arménien.

A deux heures de la plaine de Tchermouk. au sud-est, à l'endroit nommé Akh-Vakh, s'ouvre la vallée de Ghelavouze-Déré (vallée conductrice) ; c'est le seul passage oriental de Zeïtoun et le second chemin menant à Marache ; elle se trouve au pic'd du mont Chembek, devant le village Yartanenk: elle a une longueur de deux heures de chemin et se termine sur la branche principale du fleuve Djahan qui arrive de la plaine d'Albisdan. Là se trouve un pont de bois qui. pour avoir été réparé par l'éveque Ohannès Euksizian, porte nom de Marhassa-Keuprissi ou pont de Vartabed. A une heure et demie de ce pont, vers le nord, s'en trouve un autre, nommé Mazé Gamourtch, sur le fameux défilé Ghessek, entre Zeïtoun et Albisdan.

Sur la rive méridionale du Djahan se dresse le mont Akher-Dagh qui a des forêts et de beaux pâturages, et au nord duquel se trouve le mont Engouzek, dont le sommet est continuellement couvert de neige. Aux flancs de ces montagnes se trouvent les villages turcs Caramanli, Mas-khitli,Sari-Tchoukour,Beitimour et Tchakalli; la commune formée par tous ces villages s'appelle Bertis (Pertous). Près du village. Caramanli on voit encore les ruines de la forteresse Engouzoud.

C'est au pied d'Akher-Dagh, du côté du sud, que se trouve la ville de Marache, qui a 4.500 maisons d'habitants arméniens et autant de turcs. Par le chemin de Per-tous, Marache se trouve à douze heures de distance de Zeïtoun.

Hadji-Derè. — A deux heures de distance de Zeïtoun vers le nord-ouest; 50 maisons d'habitants arméniens.

Fenk (Vank). — Se trouve du même côté ; 40 maisons d'habitants arméniens; quelques ruines.

Ghenek-Ghoze. — Se trouve du même côte; 59 maisons d'habitants arméniens.

Khebi. - Se trouve du même côté; 25 maisons d'habi-tants arméniens.

Tanour et Deunghel. — A quatre heures de Zeïtoun vers l'ouest; 100 maisons d'habitants turcs, qui parlent le turc et l'armenien.

Avak-Gal (Mekhal). - A une heure et demie de Zeïtoun au sud-ouest; 150 maisons d'habitants arméniens.

Ghar-Aghadje. — Se trouve du même côté, a trois heures de Zeitoun; 70 maisons d'habitants arméniens.

Azarig. — Se trouve du même côté, à cinq heures de Zeïtoun; 12 maisons d'habitants arméniens.

Mavenk (Mavilar). — Se trouve au sud de Zeïtoun, à six heures; 36 maisons d'habitants arméniens.

Tclémclik. — A sept heures de distance au sud de Zeïtoun ; 80 maisons d'habitants arméniens.

Boughourlou. — A sept heures de Zeïtoun au sud-ouest : 40 maisons d'habitants arméniens.

Fournous. — Au sud-ouest de Zeïtoun, à huit heures de distance, dominant le passage de Seg. — Le couvent Sourp-Garabcd (Saint-Jean-Baptiste) se trouve au nord-ouest du village à vingt minutes de distance, sur un plateau. Fournous est le plus important des villages de Zeïtoun, il a 250 maisons d'habitants arméniens.

Aghali. — A une demi-heure de Fournous au sud; 120 maisons d'habitants arméniens.

Gantchi. — A deux heures de Fournous, au nord-ouest : il se compose d'un village arménien du nom d'Aladjadjonk. ayant 35 maisons, et d'un village turc nommé Tchoukour-Hissar, ayant 75 maisons. De Gantchi à Fournous descend un détroit rocheux et très difficile qui s'appelle Ghessek.

Tékir. — A trois heures de Fournous au nord-ouest ; 30 maisons d'habitants arméniens.

Aux environs de Zeïtoun se trouvent encore d'autres villages arméniens; le gouvernement turc les a rattachés au district d'Androun ; mais la plupart d'entre eux appartiennent au district de Zeïtoun par leur position géographique. Ces villages se divisent en deux communes : Goguisson et Yénidjé-Kale.

Les villages de Goguisson se trouvent à douze heures de Zeïtoun, au nord-ouest.

Goguisson. — 300 maisons dont 80 arméniennes.